La figure de la velocewoman, du papier au cliché

Participant(s): 

Blais, Catherine

Maîtrise, Littératures de langue Française, Université de Montréal
Date: 
Mercredi, 23 Avril, 2014

C’est à l’aube du XXe siècle, alors que la société est encore ivre de l’effervescence moderne, que les velocewomen (revêtues de leurs bloomers), commencent véritablement à circuler dans les rues des grandes métropoles américaines et européennes. Les artistes de l’époque, fascinés par cette figure de « femme en mouvement » qui envahit l’espace public, l’ont d’ailleurs fréquemment mise en scène au sein de leurs œuvres, agrémentées à l’occasion d’illustrations ou de photographies. Maria E. Ward, dans un ouvrage intitulé Bicycling for Ladies (1896) – manuel illustré à l’usage des néophytes de la pratique vélocipédiste –, les romanciers Gaston Leroux (Le Lys, 1908), Maurice Leblanc (Voici des ailes, 1898), Félicien Champsaur (Lulu, roman clownesque, 1900) et Arthur Conan Doyle (The Adventure of the Solitary Cyclist, 1903), ainsi que la photographe Alice Austen (1866-1952) se sont ainsi intéressés aux cyclistes sous toutes ses formes.

En analysant les différentes représentations textuelles et picturales de la velocewoman, grâce à laquelle vastitude et vitesse ont fait leur entrée dans la sphère domestique, je souhaite montrer de quelle manière le papier et le cliché – à l’aide de procédés qu’ils partagent ou qui leur sont propres – ont su rendre compte, à la Belle Époque, de la transformation des rapports entre les femmes et les concepts d’espace et de temps. 

Cette communication, enregistrée en audio, est maintenant disponible en ligne sur le site de l'Observatoire de l'Imaginaire Contemporain.