Imaginaire cinématographique. L’effet cinéma à l’époque des images en mouvement

Responsable(s) de l’atelier: 

Santini, Sylvano

Département d'études littéraires, Université du Québec à Montréal
Lieu: 
DE-3240 (1440, rue Sanguinet, H2X 3X9)
Date: 
Jeudi, 24 Avril, 2014
Horaire: 
14h30 à 17h30
Journée affiliée: 

L’influence du cinéma est actuellement aussi considérable qu’indéniable. Notre époque contemporaine est propice à cette généralisation, et ce, non seulement parce qu’il trône au sommet de la culture du divertissement. Le cinéma avec ses techniques des images en mouvement et de montage a en effet pénétré plusieurs modes de rationalisation et de sensibilité esthétique aussi éloignés les uns des autres que l’historiographique, la littérature et l’art contemporain. Il y aurait donc aujourd’hui quelque chose comme un « effet cinéma » qui enveloppe aussi bien la pratique des arts que le savoir, un effet donc qui suscite l’imagination et la pensée, les stimule. L’imaginaire contemporain a sans contredit une raison cinématographique.

Nous voulons, dans ce colloque, faire apparaître l’imaginaire contemporain du cinéma dans les autres formes d’art et dans les champs disciplinaires autres que les études cinématographiques. Nous pensons à son apparition et à son influence dans des domaines disciplinaires tels que l’histoire de l’art, la littérature, la sémiologie, les sciences de la communication, l’Histoire, etc. Il s’agira donc de dresser les contours de cet imaginaire en interrogeant ces différentes manifestations, remédiations, utilisations, cooptations, etc. ailleurs que dans la production de films ou leur réception. Nous aimerions également que les communications ne se limitent pas à révéler les « tropismes cinématographiques », c’est-à-dire à recenser ce qui fait penser simplement au cinéma dans une œuvre d’art, un roman, une théorie (comme l’évocation d’un nom d’acteur, d’une scène, le nom d’un film, une image). Nous aimerions que le colloque reflète l’idée que nous ne sommes plus dans une « culture de l’image » mais plutôt dans une culture contemporaine des images en mouvement. Cette culture, qui s’est accélérée depuis l’avènement du magnétoscope, a permis à tout le monde, de l’artiste high-tech au spectateur ordinaire, de s’approcher des images cinématographiques, de les toucher. Nous ne regardons plus seulement de manière passive les images en mouvement; nous pouvons les ralentir, les accélérer, les arrêter à notre guise dans nos salons et, plus encore, les démonter, les remonter et les agencer avec d’autres images sur nos ordinateurs. L’imaginaire contemporain a épousé naturellement cette capacité à manipuler les images en mouvement. Nous aimerions en avoir des exemples, en interroger les causes, en analyser les effets et les conséquences dans une œuvre, une pratique artistique, un ouvrage scientifique, un essai théorique. L’effet cinéma finalement augmente-t-il les pouvoirs d’agir d’un autre art ou de la pensée d’une discipline qui n’a rien à voir d’emblée avec le cinéma? Ou, à l’inverse, les freine-t-il pour plaire à notre imaginaire cinématographique?

Liste des communications: